À propos d'iskra.

Tishina est une maison d'édition placée sous l'égide de l'amitié et de la quiétude ; on y lit beaucoup, on y dessine tout autant, souvent en silence.

Bâtie par deux amis, Antoine Ullmann et Jonathan Bay, Tishina a publié cinq romans illustrés en treize ans, attentive à rester une vraie maison.

Ces cinq romans ont été choisis sur la table de chevet des deux amis : ce sont leurs textes ultimes, ceux qu'ils ont relus mille et une fois par goût, et qui, d'année en année, leur ont donné le sentiment d'y être chez eux à tel point qu'ils ont voulu leur rendre hommage en les ornant d'images. Chacun des livres dialogue ainsi avec un artiste, choisi pour son univers.

Plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires plus tard, on peut dire que les deux amis ne sont plus les seuls à s'y sentir chez eux.

Pendant ce temps, une étincelle s’est allumée dans l'âtre de Tishina. Elle s'appelle iskra. , et c'est Jonathan Bay qui l'a fait grandir en voulant donner une forme singulière aux romans qu'il a écrits et à ceux qui sont en cours d'écriture.

Pourquoi ? Parce qu'il souhaitait prolonger ce qu'il avait découvert de si merveilleusement agréable en cofondant Tishina et qu'il avait couvé en travaillant avec des artistes : « faire remonter le fond à la surface », comme le disait ce bon vieux Hugo, donner une forme aux livres, qui rende heureux, et qui puisse se transporter partout, au creux d'une poche.

iskra. souhaite rassembler de la fiction inédite illustrée par des artistes contemporains qui ont le sens et le goût des images, au rythme des saisons d'écriture. Autrement dit, il n'y aura pas de production annoncée ni programmée de manière quinquennale, juste deux ou trois livres par an, cueillis juste à temps.

Cette maison-atelier fabrique artisanalement des livres comme on en concevait à l'époque des livres roses et verts, quand la littérature n'était pas seulement blanche : pensés pour se promener longtemps sur les étagères, délicieusement colorés, pour être entrouverts sur les tables de chevet, embarqués dans le train, prêtés, offerts sans hésitation parce qu'on sait qu'ils n'intimideront pas, qu'on y entre aisément.

Des livres de fonds et de pleine forme, façonnés pour le plaisir qu'ils procurent ; des livres où l'on ne craint pas de rencontrer de vrais héros et des destins complètement fous avalés en trois heures trente, où l'on peut passer d'un néo-western déjanté à un roman de piraterie urbaine, où le style a du panache, de l'humour et de la poésie, toujours ; des livres où l'on peut s'ébattre dans ce que la littérature permet de plus beau : la gravité du jeu des enfants.

Des livres de fond et de pleine forme, façonnés par le plaisir qu'ils procurent

iskra. n'est pas la maison perdue de votre enfance, ni la photo sépia de notre nostalgie.

C'est un lieu vibrant où la joie du romanesque rencontre celle de la création artistique.